« Vu l’ambiance, je mets tout sur pause. »
« Avec ce qui se passe, je garde mon cash. »
« En ce moment, je préfère attendre. »
En ce moment, j’entends ces phrases partout.
Entre les tensions géopolitiques qui se durcissent, le retour des inquiétudes sur l’énergie, la croissance revue à la baisse dans plusieurs pays européens, l’inflation qui menace de repartir, la hausse des liquidations judiciaires, les marchés financiers qui passent du stress au rebond en quelques heures, l’ambiance générale s’alourdit.
Et ça ne touche pas seulement les indices boursiers.
Cela touche aussi les esprits.
L’actualité ne crée pas vos automatismes, elle les révèle
Et c’est là que cela devient intéressant.
Car l’actualité économique ne crée pas nos automatismes.
Elle les révèle.
Elle révèle notre rapport à l’incertitude.
Notre besoin de contrôle.
Notre seuil de tolérance au risque.
Notre capacité à garder de la lucidité quand tout autour pousse à la contraction.
Quand le climat devient anxiogène, beaucoup ne prennent plus leurs décisions avec clarté.
Ils les prennent avec leur système d’alerte.
Ce phénomène est bien documenté en finance comportementale. Daniel Kahneman l’a démontré : la douleur d’une perte est ressentie environ deux fois plus intensément que le plaisir d’un gain équivalent. En période de crise, ce biais d’aversion à la perte s’amplifie et pousse à des décisions défensives qui, paradoxalement, coûtent souvent plus cher que le risque qu’elles cherchent à éviter.
Les deux réflexes que j’observe depuis 30 ans
Je l’ai vu pendant mes 30 années en gestion de patrimoine.
Quand les marchés deviennent volatils, deux réflexes apparaissent très vite :
- ceux qui figent tout, par peur de perdre ;
- ceux qui veulent agir trop vite, juste pour ne pas subir.
Dans les deux cas, la peur prend le volant.
Et dans la vraie vie, cela donne quoi ?
- des investissements repoussés sans vraie analyse
- des arbitrages faits dans l’urgence
- des projets gelés alors qu’ils mériteraient d’être structurés
- une trésorerie surprotégée mais mal orientée
Chacune de ces réactions semble rationnelle sur le moment. Mais avec le recul, ce sont souvent les décisions les plus coûteuses. L’investissement repoussé en 2020 aurait doublé en 2024. La trésorerie laissée sur un compte courant a perdu 15 % de pouvoir d’achat en trois ans d’inflation. La peur de perdre finit par devenir la cause principale de la perte.
La vraie question à se poser en période trouble
En période trouble, la vraie question est : « Qu’est-ce que cela active en moi ? »
Est-ce que cela réveille un manque ?
Une mémoire de perte ?
Une peur de me tromper ?
Le besoin de tout verrouiller ?
Ou au contraire la tentation d’agir dans l’urgence pour apaiser la peur ?
Ces réponses sont profondément personnelles. Elles remontent souvent à des expériences bien antérieures à votre carrière de dirigeant : un parent qui a tout perdu, une famille où l’argent était source de conflit, un premier échec financier jamais vraiment digéré. Ces empreintes façonnent silencieusement vos réflexes de décision, surtout quand la pression monte.
Travailler sa relation à l’argent : une nécessité en temps de crise
Travailler sa relation à l’argent, ce n’est pas nier la réalité économique.
- C’est éviter qu’elle pilote seule nos décisions.
- C’est remettre de la conscience là où la peur voudrait s’imposer.
- C’est retrouver une posture plus juste, plus stable, plus stratégique qui permet de traverser les périodes d’incertitude.
Votre challenge d’investisseur, et même votre pire ennemi, est probablement vous-même.
Benjamin Graham
Et vous, dans cette période, qu’est-ce qui vous challenge le plus : garder le cap, rassurer vos équipes, préserver votre trésorerie, ou ne pas laisser la peur s’inviter dans vos décisions ?
Je suis Alexandra Roiret, coach mentor en relation à l’argent.
J’accompagne les dirigeants et les professions libérales à éviter de laisser les marchés et leur système nerveux décider à leur place.