Vous souffrez peut-être de dysmorphie financière.
C’est ce trouble silencieux qui pousse à se sentir « à sec »… même quand les comptes sont au vert.
Vous vérifiez votre compte plusieurs fois par jour, juste « pour être sûr » ?
Vous ressentez une angoisse à l’idée de manquer, alors que vos revenus couvrent largement vos besoins ?
Vous n’êtes pas seul.
Cette distorsion, observée d’abord aux Etats-Unis, touche aujourd’hui près d’un Français sur trois.
Et elle ne dépend pas du revenu, mais de la peur :
- celle de manquer,
- d’échouer ou
- de ne « pas en faire assez ».
Ce n’est pas votre compte qu’il faut rééquilibrer, c’est votre regard.
La dysmorphie financière ne se soigne pas avec plus d’argent, mais avec plus de réalité.
Le terme « dysmorphie financière » est calqué sur la dysmorphie corporelle, ce trouble où une personne se perçoit physiquement différente de ce qu’elle est objectivement. Le mécanisme est identique avec l’argent : le cerveau déforme la perception de la réalité financière pour la faire coller à une croyance profonde. Si votre système intérieur est convaincu que « l’argent est toujours insuffisant », aucun montant sur votre compte ne parviendra à vous rassurer durablement. Vous pouvez gagner deux fois, cinq fois, dix fois plus ; la sensation de manque persiste parce qu’elle ne vient pas du compte, elle vient du regard.
Mettre la perception face à la réalité : le cas d’une dirigeante
Une dirigeante que j’accompagne se disait « toujours à la limite », malgré un chiffre d’affaires confortable.
Chaque fin de mois, elle ressentait une angoisse : peur de ne pas pouvoir payer, de « tomber à zéro ».
Je lui ai proposé un exercice simple : mettre la perception face à la réalité.
Elle a noté ce qu’elle pensait avoir sur ses comptes… puis les montants réels : trésorerie, épargne, charges, revenus.
Je lui ai simplement demandé :
- Que te disent ces chiffres aujourd’hui ?
- Quand as-tu ressenti pour la première fois cette peur de manquer ?
- De quoi te protèges-tu encore ?
Le silence a duré longtemps.
Elle a compris que sa peur venait du passé, d’une période où chaque euro comptait.
Mais aujourd’hui, elle n’était plus cette femme qui « survivait » : elle disposait de 6 mois de trésorerie d’avance.
Quand elle a reconnecté l’émotion et la réalité, tout s’est réaligné.
Sa sérénité est revenue.
Et sa posture de leader aussi : elle s’est remise à investir, à se rémunérer justement et à profiter de ce qu’elle avait construit.
Reprendre le contrôle sur sa perception
Reprendre le contrôle sur sa perception, c’est reprendre le pouvoir sur sa vie.
Quand la peur se tait, les décisions redeviennent claires.
Et c’est à ce moment-là que l’abondance commence à circuler.
Cette peur de manquer, je la rencontre dans 7 accompagnements sur 10, et presque à chaque échange avec des dirigeants ou des entrepreneurs.
Elle se cache derrière des phrases comme :
« je préfère attendre un peu »,
« on ne sait jamais »,
« je ne veux pas tout risquer ».
Et pourtant, c’est souvent elle qui empêche d’avancer.
L’exercice que j’ai proposé à cette dirigeante peut se pratiquer régulièrement. Chaque mois, prenez cinq minutes pour noter sur une feuille le montant que vous estimez avoir en trésorerie, en épargne, en créances clients. Puis comparez avec la réalité. L’écart entre les deux chiffres est votre indicateur de dysmorphie financière. Plus l’écart est grand, plus vos décisions sont influencées par une perception déformée plutôt que par les faits. Avec le temps, cet exercice recalibre naturellement votre regard et réduit l’anxiété.
La plupart des gens ne manquent pas d’argent. Ils manquent de clarté dans leur relation à l’argent.
Morgan Housel, La psychologie de l’argent
Rappelez-vous : ce n’est pas le manque qui crée la peur. C’est la peur qui crée le manque.
Je suis Alexandra Roiret, mentor en relation à l’argent.
J’aide les dirigeants et entrepreneurs à transformer leur rapport à l’argent pour en faire un levier de liberté, et non une source d’anxiété.